Il se définit comme « prêteur d'espoir ». Mais Mohammed Yunus, Prix Nobel de la Paix en 2006,n'offre pas seulement un rêve aux plus démunis. A travers sa banque, la Grameen Bank, il leur prête de l'argent pour qu'ils puissent créer leur petite entreprise. Plus de trois millions de Bangladais en ont déjà profité. Cette « banque des pauvres » est devenue un modèle qui s'est développé dans une centaine de pays.
Gros plan sur...
Le microcrédit, pour créer son propre emploi
Rencontrant un succès croissant dans de nombreux pays du monde, le microcrédit permet de faire accéder au prêt bancaire les entrepreneurs les plus démunis. Grâce à ce type de prêts, ils parviennent à sécuriser leurs emplois et à construire un avenir pour leurs proches. La Fondation Veolia Environnement soutient des initiatives de microcrédit en Inde, au Brésil et, depuis peu, en France.
Taux de remboursement à 98 %
La clé du succès ? La Grameen Bank observe des taux de remboursement à plus de 98%, des résultats que les banques traditionnelles aimeraient bien pouvoir afficher. Mais elle n'est pas la seule : d'autres organismes de microcrédit affichent, eux aussi, les mêmes résultats positifs. Dans son livre « On ne prête (pas) qu'aux riches », Maria Nowak, fondatrice de l'ADIE* explique ce phénomène. « Les plus démunis savent que s'ils remboursent le premier prêt, ils pourront avoir accès au suivant. Ils sont aussi plus solidaires et tiennent à leur réputation plus que les personnes qui ont pignon sur rue. C'est, en effet, tout ce qu'ils possèdent. »
Le système de microcrédit allège la fracture bancaire entre les populations. Il propose des remboursements d'intérêts à des taux acceptables et, surtout, il permet aux personnes en bas de l'échelle socio-économique de retrouver un travail.
La microassurance pour parfaire le soutien
Engagée dans l'insertion professionnelle durable, la Fondation Veolia Environnement soutient des actions de microcrédit dans trois pays. En Inde, à Pune (et à Bombay où elle commence à s'implanter), elle est présente aux côtés de l'association Inter-Aide. Dix-sept mille personnes ont déjà reçu un prêt, parfois suivi d'une formation à la gestion.
Par ailleurs, constatant que 50% des défauts de remboursement étaient dus à des problèmes de santé, Inter-Aide commence à proposer un service complémentaire aux entrepreneurs qu'elle soutient : une microassurance santé qui leur permettra de sécuriser leur petite entreprise lors d'accidents ou de maladies graves
Au Brésil, la Fondation soutient Empreenda ! (Entreprends ! en portugais) qui a accordé plus de 500 crédits allant de 35 à 1 600 euros à des habitants d'une favela de Sao Paulo.
Enfin, parallèlement à ces expériences positives, elle a conclu un partenariat avec l'ADIE* créée par Maria Novak en France. Outre un apport financier, la Fondation offre son savoir-faire et l'expertise de ses collaborateurs afin d'épauler la création de petites entreprises au sein des quartiers en difficulté.
*ADIE : Association pour le Droit à l'Initiative Économique
Les principaux acteurs du secteur
- Les institutions de microfinance : le plus souvent à l'initiative de communautés locales, elles sont créées avec le soutien d'agences de coopération et d'ONG internationales. Parmi elles : le GRET, le CIRAD, l'IRAM en France ou ACCION, Opportunity International et FINCA aux États-Unis. En 2004, on estimait le nombre des clients de ces institutions à 80 millions de personnes, le besoin glocal étant estimé à 500 millions.
- Les banques publiques et banques de développement nationales.
- Les banques commerciales qui prennent conscience de l'intérêt du système et commencent à en proposer en partenariat avec les organismes précédemment cités.



