Dans le sud-ouest de la Chine, au Sichuan, les montagnes Minshan demeurent un sanctuaire naturel extraordinaire : c’est là, au cœur des forêts de bambous géants, que vivent les derniers pandas géants en habitat sauvage. Le gouvernement chinois protège cette zone en raison de la richesse de sa biodiversité, tant animale que végétale. Mais, préservée de la course au développement économique que connaissent d’autres régions, cette partie du Sichuan est, de fait, restée très pauvre. Les habitants, issus principalement de la minorité tibétaine, sont des paysans de montagne vivant dans des villages ou hameaux très enclavés, bien souvent sans électricité, eau courante ou sanitaires, ni même accès aux soins ou à l’éducation. Le bois constitue leur bien le plus précieux : il est leur unique source d’énergie pour le chauffage et la cuisson des aliments et le principal matériau utilisé pour construire les maisons et les ponts.
Pour la survie des pandas… et des montagnards du Sichuan
Dans les montagnes du nord du Sichuan, l'ONG Heifer International Hong Kong souhaite équiper les villages avec des installations fonctionnant au biogaz. Le but est de préserver la richesse des forêts locales tout en améliorant les conditions de vie des habitants.

Cuve et réchaud pour le biogaz
Pour protéger les forêts, lutter contre l'érosion du sol et les risques de glissement de terrain, le gouvernement chinois a donc décidé de restreindre fortement l'abattage du bois. Cette mesure, compréhensible, entre toutefois en conflit direct avec les habitudes et les intérêts immédiats des paysans locaux.

Heifer International Hong Kong intervient depuis des années en Chine continentale sur les questions de développement des énergies renouvelables. Elle propose de mettre en place dans certains villages de cette région des systèmes de fourniture énergétique basés sur du biogaz produit à partir des excréments des animaux de ferme. Couplé avec des matériels de chauffage et de cuisson adaptés, ce biogaz devrait limiter de façon significative la coupe du bois, tout en améliorant les conditions de vie économiques et sanitaires des habitants.
Ainsi, dans chaque foyer, le projet prévoit de fournir quatre porcs, de réaménager de façon optimale les porcheries existantes, d'installer des toilettes (quasi inexistantes jusqu'alors), une cuve de biogaz, un réchaud à biogaz, un poêle à bois récupérateur et d'offrir une cocotte-minute.
Les 25 000 euros consentis par la Fondation Veolia Environnement à ce projet permettront de financer une partie de ces différents équipements. Dans un premier temps, Heifer International Hong Kong pense équiper de la sorte 60 familles. Ensuite, si l'essai s'avère concluant, il pourra être étendu à 300 autres foyers.
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