Comment lutter efficacement contre la marginalisation dont souffre la minorité rom dans plusieurs pays nouvellement intégrés à l'Union européenne? L'extrême précarité subie par la plupart des 1 500 Roms du village de Lomnicka, au nord-est de la Slovaquie, illustre avec acuité l'urgence de cette question dans certaines régions. Près de trois familles sur quatre y vivent sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage atteint 95 %, les services collectifs d'eau, d'assainissement et d'énergie sont inexistants et l'avenir apparaît tout aussi sombre pour les jeunes, d'autant plus découragés de poursuivre leurs études après 16 ans que le village est éloigné d'au moins 15 km de tout établissement d'enseignement supérieur. La réponse apportée aujourd'hui à cette situation critique s'appuie sur une mobilisation conjointe des autorités locales, du gouvernement slovaque et des instances européennes. La création, au cœur de Lomnicka, d'un Institut des minorités, doit en effet permettre de traiter ensemble les différentes dimensions du problème, sanitaire, éducative, culturelle et socio-professionnelle.
Une ingénierie sociale exemplaire au service de la minorité rom
À Lomnicka, la création d'un Institut des minorités dessine une nouvelle approche pour favoriser le développement de la communauté rom, aujourd'hui en proie à de multiples formes d'exclusion.

Les Enfants de la communauté rom présentent des taux de réussite scolaire supérieurs à la moyenne nationale ; mais faute de moyens, peu poursuivent leurs études après 16 ans.
Faire profiter la communauté rom d'une nouvelle dynamique locale
Laverie et douches communales ouvertes à tous, conseils pour l'orientation, soutien scolaire, allocation de bourses, aide à l'insertion professionnelle, animations ludiques et culturelles... La réunion de tous ces services, gérés de manière associative, en un même lieu traduit la volonté de la municipalité de Lomnicka d'associer prioritairement la communauté rom à la dynamique de revitalisation économique et sociale impulsée depuis 2006. L'Union européenne, par le biais du Feder et du FSE, devrait financer 90 % des 500 000 euros nécessaires à la mise en œuvre de ce projet exemplaire.
La Fondation Veolia Environnement intervient ici en relais de la toute récente Fondation Dalkia. Cette dernière, créée en Slovaquie fin 2006 à la suite des mesures incitatives prises par les pouvoirs publics pour encourager les contributions privées aux initiatives solidaires, va disposer, d'un budget propre dès 2009. C'est elle qui gérera les fonds versés par la Fondation Veolia Environnement, destinés au raccordement de l'Institut des minorités aux différents réseaux (eau, gaz, électricité). Les compétences des collaborateurs locaux de Veolia Energie (Dalkia) seront également mises à profit pour épauler les responsables du projet, en particulier dans la phase de lancement.

