La rencontre
Pendant un temps, je n'ai pas su faire le lien entre ma vie personnelle et professionnelle et cette réalité difficile proche de chez moi : le Val Fourré, où vit une population en difficulté sociale, économique... et parfois davantage. Avec une frustration grandissante de ne pouvoir donner à d'autres. Et puis, il y eu cette rencontre avec un administrateur d'Aptima qui m'a donné envie de les rejoindre, de les aider, de leur apporter mes quelques connaissances en Ressources Humaines.
Cela s'est fait progressivement. Une première réunion pour me présenter, pour être adoptée par ce petit groupe d'idéalistes entrepreneurs. Une deuxième pour mieux comprendre leurs activités et leurs attentes. Les réunions se sont suivies. Elles avaient lieu une fois par mois. On abordait les problèmes de convention collective, de recrutement, de développement des activités, de rentabilité, de subvention en retard... tout ce que j'avais pu connaître dans ma petite chaudronnerie.
Les publics accueillis par APTIMA sont des hommes et des femmes qui ont eu la malchance de ne jamais aller à l'école, de ne pas être nés là où il fallait, de faire des erreurs, ce sont parfois des femmes battues... Mais tous ont envie de reprendre leur vie en main en apprenant un métier et en se réinsérant dans une vie professionnelle.
Cela fait maintenant plus de cinq ans que j'accompagne ce bateau. Mes fonctions actuelles à la DRH de Veolia Environnement ne me laissent guère de temps, mais avec les autres administrateurs et l'équipe encadrante, le projet APTIMA avance et chaque jour nous nous félicitons de cette aventure.
Ce ne sont ni mes convictions politiques ou religieuses, ni mon appartenance sociale qui sont à l'origine de ce rôle d'administrateur au sein d'APTIMA. C'est simplement le fruit de mon histoire personnelle. Le fait de savoir qu'on a de la chance lorsqu'on travaille et que l'on a un toit sur la tête. Je ne dis pas qu'il faille attendre son destin les bras croisés. Je ne tends la main qu'à celui qui aura envie de me tendre la sienne. Mais ces gens, administrateurs ou salariés, sont animés d'une envie de vaincre leur sort et cela valait la peine que je leur consacre un peu de mon temps (parfois au détriment de mes quatre gamins, de mon mari, de mes amis) puisqu'ils me tendaient la main.
En soutenant APTIMA, en m'y impliquant, je fais aussi un clin d'œil à mes « Choumacs » (c'est ainsi que s'appellent les chaudronniers entre eux). Ils m'ont beaucoup donné et à mon tour, je donne...