Imaginer un modèle d’aquaculture durable

Entre une activité de R&D sur l’alimentation d’aquaculture et l’expérimentation in concreto d’un modèle d’aquaponie simplifiée au Sénégal, les passerelles semblent naturelles. Encore faut-il les concrétiser : c’est tout l’objet de ce programme d’aquaculture durable.

Environnement et biodiversité

  • Lieux :
    Sénégal
    Les Embiez (France)
  • Marraine / Parrain :
    Mathilde Nithart
    Pierre Ascencio
  • Dotation :
    300 000 € au Conseil d’administration du 17 mai 2021

Porteurs du projet

Faire émerger de nouvelles formes d’aquaculture est une nécessité. Il y aura bientôt 9 milliards de personnes à nourrir. Et nos ressources, nous le savons, sont limitées : nous ne pouvons plus produire notre alimentation en les détruisant, en perturbant nos écosystèmes, en vidant l’océan... Notre capacité à innover, notamment à créer ou recréer des chaînes alimentaires vertueuses et durables, est un élément-clé de notre transformation écologique.

C’est tout le sens du projet soutenu par la fondation Veolia et porté par deux acteurs du secteur : l’Agence Nationale d’Aquaculture (ANA) au Sénégal et l’Institut océanographique Paul Ricard (IOPR) en France.

De l’aquaponie simplifiée au Sénégal

La fondation Veolia s’est engagée dès le printemps 2020 dans un programme pilote au Sénégal. Le projet s’appuie sur un modèle d’aquaponie simplifié : un bassin piscicole hors-sol est construit à trois mètres au-dessus de la terre, au milieu de champs. Pour l’alimenter, un puits équipé d’une pompe solaire permet l’envoi de l'eau à l’entrée du bassin.

Le bénéfice pour le collectif qui l’exploite est double : le dispositif permet de produire plus de 5 000 kg de poisson par an et l’eau du bassin, chargée en azote, phosphate et potassium grâce aux poissons, irrigue les terres maraîchères voisines dont la production, dans les premiers tests, augmente de 20 %.

Le remboursement du crédit par les bénéficiaires permet au GIE de financer un autre bassin et d’assurer la réplicabilité du modèle.

De la recherche sur les aliments d’aquaculture en France

Dans le Var, l’Institut océanographique Paul Ricard (IOPR) travaille depuis 2018, avec le soutien de la fondation Veolia, sur l’élaboration d’un aliment d’aquaculture à base de protéines d’insectes. Une formulation à base de farines de vers a été testé avec succès en 2020. L’IOPR veut aller plus loin et, pour héberger l’effort de recherche mené par ses équipes, développe une plateforme sur l’île des Embiez, dans le Var. L’ambition est de tester des intrants plus vertueux et plus durables tels que les vers de mouches soldats et les vers marins.

Les équipes ne se connaissent pas encore mais la fondation Veolia souhaite mutualiser le soutien qu’elle a déjà apporté à ces deux initiatives et qu’elle reconduit. Parce que l’élaboration de modèles de production alimentaire plus vertueux ne pourra prospérer que sur la base de partenariats innovants, de transferts de compétences et de retours d’expériences.

Une collaboration riche de potentiels

L’enjeu est donc d’organiser la collaboration entre l’IOPR et l’ANA sénégalaise, en charge du déploiement du modèle d’aquaponie, autour d’un modèle low tech de production piscicole et aquaponique.

L’ANA apportera son expertise et sa capacité à organiser les formations techniques pour les exploitants. Elle pourra également, le moment, venu, accompagner le passage à l’échelle du territoire sénégalais.

Quant à l’IOPR, il appuiera, sur le plan technique, la mise en place de l’écloserie pilote, tentera d’identifier les leviers pour optimiser la production piscicole, et proposera des formations à l’aquaculture au sein de son laboratoire dédié aux pratiques aquacoles. Hébergé au sein de la plateforme marine des Embiez, il a vocation à devenir un pôle d’expertise interrégional et ouvert sur l’international.

En favorisant les regards croisés sur un sujet d’intérêt général, la Fondation entend permettre l’éclosion de modèles durables et réplicables.