Développer les compétences des métiers de demain dans un quartier prioritaire

Créaquartier mise sur la formation pour que la jeunesse désœuvrée du 19e arrondissement de Paris sorte de l’inactivité. Depuis 2016, les projets menés permettent de former les bénéficiaires à des compétences nouvelles avec l’objectif de les rendre autonomes.

 

« Créaquartier teste l’innovation et réussit ! Le succès du premier programme éducatif mené en s'appuyant sur un réseau d’entreprises du quartier (qui acceptent de prendre des jeunes en immersion) démontre que l’approche est la bonne pour mobiliser et intéresser ces jeunes désœuvrés qui n'ont aucun espoir hormis le RSA à partir de 25 ans... »
Sonia Ouldali

Ils sont tous deux diplômés d’école de commerce et se sont engagés au service de la jeunesse du XIXe arrondissement de Paris. Pour Lucas Gorsky et Jonathan Verger, fondateurs en 2013 de l’association Créaquartier, l’objectif est de permettre à de jeunes adultes qui, suite à un décrochage scolaire important, se retrouvent en situation d'inactivité totale, de développer les compétences des métiers de demain. Très attachés au XIXème arrondissement de Paris, les deux entrepreneurs ont ancré l’association dans le quartier du métro Crimée : Créaquartier tente d’agir sur ce territoire marqué par la déscolarisation et le chômage de longue durée des jeunes. Ils en ont fait le terrain d’expérimentation d’une démarche d’insertion innovante.

Créatextile en 2015

En 2015, un premier programme a été expérimenté. Baptisé Créatextile, il a été suivi par cinq jeunes de 18 à 25 ans issus du XIXe arrondissement qui ont bénéficié de quatre mois de formation à raison de 30h par semaine. Les sessions proposées mêlaient immersion professionnelle, initiation à l’entrepreneuriat et ateliers de développement personnel. Concrètement, la matinée était dédiée à la découverte d’un métier (couture, sérigraphie textile, sérigraphie numérique, développement web) et à l’acquisition de compétences. L'après-midi, les bénéficiaires suivaient des ateliers de développement personnel (maîtrise du français écrit et oral, estime de soi), de montage vidéo, ainsi que des cours de e-learning sur la thématique entrepreneuriale et la création associative. Sur les cinq jeunes encadrés par l’association en 2015, quatre sont sortis de l’inactivité.

Jeun_ESS_Créative en 2016

En 2016, Créaquartier lance un nouveau programme baptisé “Jeun_ESS_Créative” avec le soutien de la fondation Veolia. La formation inclut notamment un mois d’apprentissage de la sérigraphie numérique. Les bénéficiaires construisent une partie du matériel nécessaire à la sérigraphie, gèrent un budget et trouvent du matériel. Ils sont ainsi initiés à la gestion de projet. Une grande partie du succès de cette formule réside dans la capacité de l’association à mélanger les acteurs socio-économiques d’un territoire (jeunes, salariés, autoentrepreneurs, dirigeants, bénévoles…) et à varier les structures d’accueil de la formation (ateliers d’artistes, incubateur, start-up, cité des sciences, entreprises...).

Le Bendo créatif en 2017

En 2017, l’équipe de Créaquartier  travaille sur l’aménagement d’un lieu d’éducation et de formation innovant : « Au Bendo Créatif ». Cet espace doit permettre aux jeunes d’être accompagnés par des entrepreneurs de la région pour devenir autonomes en maîtrisant une variété de pratiques professionnelles. Via des événements réguliers Le Bendo créatif proposera des temps pour créer du lien entre différents publics. Ce lieu de travail, d’expérimentation et de partage, soutenu par la fondation Veolia, se veut un espace stimulant où bénéficiaires, bénévoles et entrepreneurs se rencontreront et s’inspireront mutuellement. Trois salles composeront cet espace de 150 m² : une salle de fabrication, une salle de production audiovisuelle et un show-room pour exposer les produits finis et les vendre possiblement. L’activité de sérigraphie amorcée en 2016 y sera hébergée.

Les entrepreneurs à l’origine deCréaquartier restent exigeant avec eux-même : des indicateurs de suivi sont prévus afin de mesurer l’activité et ses résultats. Nombre de visiteurs, de jeunes accompagnés, d’événements et d’ateliers organisés, taux de projets concrétisés, etc. L’ambition tient en quelques mots : donner les clés des métiers de demain à une jeunesse en situation difficile et créer des solutions durables d’insertion.