La Grande Muraille Verte : un reboisement durable scruté par la communauté scientifique

Une bande de végétation de 7 600 km sur 15 km de large, à travers 11 pays d’Afrique subsaharienne… L’ambition de la Grande Muraille Verte dépasse les frontières de l’imagination. En créant une zone arborée au cœur du Sahel, l’enjeu est de faire émerger des plantations viables sous le regard de chercheurs qui étudient les premiers résultats du programme.

Environnement et Biodiversité

Lieu
Sahel africain

Parrain
Thierry Vandevelde

Dotations
60 000 € au Conseil d'administration du 09/06/2011
50 000 € au Conseil d'administration du 10/06/2013
30 000 € au Comité de sélection du 04/04/2016

Porteur du projet

Observatoire Homme-Milieux de Tessekéré

« Entre aide aux habitants d’une zone vulnérable et suivi scientifique, les travaux de l’OHMI peuvent permettre l’analyse et la compréhension des mutations d’un milieu semi-aride. L’avancée est majeure et dépasse le seul intérêt des populations sahéliennes. »
Thierry Vandevelde
Parrain

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a qualifié la Grande Muraille Verte de « projet fou » tant l’ambition dépasse ce qui a pu être imaginé jusqu’ici. Ce projet de développement durable doit permettre de revitaliser le Sahel africain. Région parmi les plus vulnérables au monde, cette zone aride concentre bon nombre de difficultés climatiques. Pour tenter de redonner toutes ses chances à ce territoire transfrontalier, une initiative baptisée “Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel (GMV)” a été adoptée en 2007.
 

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Le Figaro, 6 mai 2016 (744.97 Ko)

7675 km de plantations

Techniquement, cette Grande muraille est conçue comme une bande d’espèces végétales adaptatives face à la sécheresse. L’objectif de ce programme de plantations est de créer une zone arborée écologiquement et économiquement viable pour les riverains. Pour ces populations rurales, en partie nomades, rénover un milieu dégradé par le surpâturage, les feux de brousse et des déficits hydriques réguliers, est un impératif. A maturité, les ziziphus, balanites et acacias permettront de développer l’économie locale grâce, notamment, à la récolte de la gomme arabique.
 
Le projet vise donc à retrouver une variété d’espèces végétales et animales propres à rétablir un équilibre écologique dans cette région du Ferlo au Sénégal. Il s’inscrit dans une démarche intégrée de développement durable, prenant en compte l’amélioration du niveau de vie des populations en s’appuyant sur des actions concrètes de sensibilisation des populations, d’alphabétisation et de suivi médical.
 

Retrouvez l'article de Planet.

La GMV implique les 11 pays frontaliers de la zone saharo-sahélienne, du Sénégal à Djibouti, couvrant une distance de 7675 km sur une largeur moyenne de 15 km. La partie sénégalaise du projet s’étend sur 535 km et couvre une superficie d’environ 80 000 hectares. Le pays est précurseur sur le sujet et observe les premiers résultats : aux abords des villages, des “jardins polyvalents” commencent à produire fruits et légumes.

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Planète Veolia N°33 - Mars 2012 (297.89 Ko)

Un volet de recherche scientifique sur la restauration écologique et la régénération forestière

L’initiative est suivie par des chercheurs de l’Observatoire Hommes-Milieux International (OHMI). Basé à Téssékéré, au Sénégal, ce laboratoire interdisciplinaire a vu le jour en 2009 à l’initiative de l’Institut Ecologie et Environnement du CNRS et de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar. Il accueille botanistes, spécialistes en écologie végétale, médecins, anthropologues ou encore géographes. Tous étudient cet environnement en reconstruction via de quatre domaines de recherche : ressources en eaux et en sols, biodiversité, systèmes sociaux et santé. Les effets du reboisement sont ainsi mesurés à toutes les échelles : micro-biologique, écosystémique, sociologique.

« Le Sahel africain est actuellement l’une des régions les plus vulnérables au monde. Si la diversité éco-géographique et sociale de ses territoires est grande, la région entière est pourtant affectée par une vulnérabilité écologique et sociale croissante, soulignant l’urgence d’une action concertée. »
Gilles Boëtsch
Directeur de recherche au CNRS

Les travaux de l’OHMI, soutenus par la fondation Veolia, visent à comprendre, modéliser et faire connaître les dynamiques et relations entre les hommes et les environnements sahéliens d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Il s’agit concrètement d’analyser les impacts écologiques et sociaux des plantations allant des effets induits sur le climat, la biosphère, en passant par la biodiversité et sa dynamique, de l’échelle microbiologique, aux animaux et végétaux mais également l’impact sur les conditions de vie des populations

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New African, Mai-Juin 2016 (1.89 Mo)


Progressivement, un réseau de scientifiques s’est mis en place autour de l’OHMI. Des échanges se créent pour assurer la diffusion des travaux au sein de la communauté scientifique et aux autorités compétentes. Grâce au soutien de la Fondation, l’unité de recherche a été consolidée, une dizaine de thèses sont en cours et quatre ont été soutenues. Une université d’été annuelle permet également des rencontres entre autorités scientifiques.
 
Outil de recherche appliquée, l’OHMI est un exemple probant d’intégration de l’ensemble des disciplines liées à l’environnement.

Un projet lauréat d'un trophée

La fondation Veolia a été distinguée pour son soutien à la Grande Muraille Verte. Lors des Trophées 2013 du Mécénat d’entreprise pour l’environnement et le développement durable, la Fondation a reçu le prix Recherche et prospectives environnementales.