Mieux gérer la ressource forestière à Tanger-Tétouan

Le Groupe Énergies Renouvelables, Environnement et Solidarités conçoit, diffuse et aide à la fabrication et à la commercialisation de fours à pain performants, améliorant les conditions de vie des villageois et préservant la ressource forestière.

« Cette initiative permet de préserver les ressources forestières qui, jusqu'à présent, n'étaient gérées par personne, chacun étant libre d'utiliser ces ressources à sa guise, les quantités disponibles n'étant pas maitrisées. »

Alain Brighenti

Créé en 1976, le Groupe Énergies Renouvelables, Environnement et Solidarités (Geres) rassemble aujourd'hui plus de 200 collaborateurs autour de projets de développement durable innovants, en France et dans 12 pays en voie de développement. En partenariat avec les communautés et les acteurs locaux, l'association déploie une ingénierie de développement et une expertise technique pour mener des projets d'efficacité énergétique, d'extension de services énergétiques favorisant le développement économique local, de développement de filières énergies renouvelables ou de valorisation des déchets.

Le bois de feu : une ressource nécessaire mais en voie de raréfaction

Le bois de feu est la deuxième source d'énergie consommée au Maroc. Au niveau national, l'absence de gestion durable de la ressource aboutit à un déséquilibre offre/demande en bois-énergie de 3,1 millions de tonnes par an, soit deux à trois fois les capacités de production des forêts qui perdent chaque année plus de 30 000 hectares de superficie.

La grande majorité des ménages ruraux utilise le bois de feu pour ses activités quotidiennes (cuisson des plats et du pain, chauffage de l'eau et des locaux) avec des équipements traditionnels (four à pain, foyer « trois pierres » et braseros). Ceux-ci ont de faibles rendements énergétiques (5 à 10 %) et émettent des fumées nocives pour les principales utilisatrices : les femmes, pour qui la collecte du bois représente une lourde charge physique et la plupart du temps illicite (les coupes étant interdites, seul le bois mort et gisant peut être prélevé).

Des équipements à faible rendements et nocifs

La substitution du bois par le gaz pour la cuisson alimentaire peut limiter l'impact sur la biomasse locale lorsqu'elle n'est pas renouvelable. Malgré un effort de subvention du gaz consenti par le Royaume du Maroc, cette option reste limitée par le coût croissant des énergies fossiles et une amélioration très lente du niveau de vie en milieu rural. Cela se traduit par l'utilisation d'équipements à faibles couts, à faible rendement, peu sécurisés et engendrant des émanations nocives pour les utilisateurs. Cette option doit donc s'appuyer sur des équipements performants, sécurisés et non nocifs, et dont la diffusion s'appuie sur un modèle économique viable.

Une gestion participative de la ressource

Le projet vise dans un premier temps à réduire la consommation de bois de feu par les ménages en diffusant des équipements énergétiques performants individuels (fours à pain à gaz améliorés) conçus par le Geres et Planète Bois. Dans un second temps le projet met en place une gestion participative de la ressource en bois de feu de proximité à travers la création d'une coopérative de tailleurs sur arbres fruitiers et d'une coopérative forestière (commercialisation, collecte du bois de feu, valorisation par séchage...). Le projet permet enfin d'améliorer les conditions de vie des femmes en diminuant la pénibilité de la collecte du bois et en mettant à profit le temps libéré par l'appui à la mise en place d'activités génératrices de revenus. Basées sur la transformation et la commercialisation de produits agricoles, il s'appuie sur la dynamisation d'une coopérative agricole féminine existante.

Une activité économique relancée et des emplois créés

Les bénéficiaires directs sont les 2 944 habitants des aires protégées de Bouhachem et de Brikcha (Région de Tanger Tétouan) et le projet permet de créer une quinzaine d'emplois directs (9 tailleurs, 7 dans la coopérative forestière, 11 revendeuses de fours à pain, 3 à 4 emplois industriels dans la production des fours), sans compter de nombreux emplois indirects : transporteurs pour le bois et pour les fours à pain performants, femmes développant une activité de valorisation des produits agricoles...