Nouveau terrain de recherche-innovation : les latrines d’urgence

La fondation Veolia est, de longue date, engagée dans la recherche-innovation dans le secteur de l’intervention humanitaire. Le projet qu’elle porte avec BCI Environnement dans le cadre de son partenariat avec Médecins sans frontières (MSF) vise cette fois les boues issues des latrines installées dans les camps de réfugiés. Un sujet essentiel à l’heure de la multiplication des camps.

« La problématique de gestion des latrines est très largement sous-estimée ainsi que son impact sur le déroulement des projets d’urgence. Une solution opérationnelle de simplification de la gestion serait un apport fort pour les acteurs de l’humanitaire. »
Thibaut Constant

La gestion des latrines est souvent le parent pauvre des opérations d’urgence humanitaire. La multiplication des mouvements migratoires et la croissance inexorable du nombre de réfugiés en font pourtant un sujet essentiel pour tout gestionnaire d’infrastructures de camps. La fondation Veolia intervient de longue date aux côtés de ses partenaires pour faire face à l’afflux de populations dans ces camps situés sur tous les continents.
 

Avec Médecins sans frontières (MSF), avec qui elle travaille dans le cadre d’une convention cadre depuis 2012, la Fondation s’est engagée à participer à plusieurs programmes de recherche-innovation. Parmi ceux-ci figure le recours à des micro-organismes encapsulés pour réduire le volume des boues à gérer dans les latrines. L’objectif est de tester, voire de démontrer, l’impact de ces micro-organismes. Le projet passe donc par la définition d’un protocole d’étude et de suivi, ainsi que par la réalisation d’analyses dans les différents camps où le recours aux micro-organismes pourrait être mis en œuvre. La Fondation est en effet au contact de nombreux acteurs humanitaires – UNHCR, Croix-Rouge, Croissant-Rouge, etc. – tous conscients de l’intérêt de la problématique. La Croix-Rouge française va appuyer la Croix-Rouge ivoirienne dans l’ensemencement et le suivi de 200 latrines en Côte d’Ivoire en 2018. La Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR) et l’Unicef souhaitent apporter une réponse similaire au Bangladesh suite à la crise humanitaire en cours. Enfin, l’UNHCR souhaite, de son côté, développer des projets proches en Jordanie dans les camps de Zataari et Azraq.

Pour mener à bien ce projet d’étude, la fondation Veolia s’appuie sur Biotechnologie Concept Innovation (BCI) Environnement, une start-up spécialisée dans les questions de protection de l’environnement dans les situations d’urgence humanitaire. Son fondateur, Christophe Grange, dispose d’une expérience de terrain, marquée par des collaborations avec le CICR, MSF, ou encore la FICR, et la volonté d’innover dans les solutions environnementales proposées.

Le projet porté par les deux partenaires vise à organiser la capitalisation des expériences menées par les différents acteurs dans les pays concernés : en Côte d’Ivoire avec la CRF, au Bangladesh avec MSF et la fondation Veolia, en Jordanie avec l’UNHCR. Chacun des acteurs reste responsable de son projet et de son financement dans la zone qui lui est propre mais le respect d’un protocole unifié, défini en amont par la Fondation avec BCI, permettra la réalisation d’une étude comparative. Ce benchmark d’expériences menées dans des contextes climatiques et humains différents devrait permettre de qualifier la pertinence de l’utilisation des microorganismes encapsulés dans la réponse à l’urgence humanitaire. Il durera a minima 12 mois et comptera des missions sur le terrain pour s’assurer de la bonne mise en place du protocole d’étude et de la rigueur des analyses menées ainsi que des retours d’expérience collectifs pour préparer une conclusion commune.