Concevoir un centre de référence mondial dédié à la protection du corail

Depuis une conférence internationale sur la biodiversité des récifs coralliens et leur protection, la nécessité d’une structure internationale dédiée au sujet fait l’unanimité. Avec l’Institut océanographique de Monaco à la manœuvre, un Conservatoire mondial des coraux va voir le jour.

Environnement et biodiversité

  • Lieu
    Monaco
  • Parrain
    Manuel Nardi
  • Dotation
    100 000 € au Conseil d’administration du 17/05/2021

Porteur de projet

Institut océanographique de Monaco

La vocation de l’Institut océanographique de Monaco est claire : faire connaître, aimer et protéger l’océan. Depuis sa création en 1906, il fédère les acteurs scientifiques, politiques, économiques, associatifs ainsi que le grand public autour de cet objectif. En 2016, il a ainsi participé à l’International Coral Reef Symposium qui s’est déroulé à Honolulu (Hawaï), une conférence dédiée au récif corallien. Les parties prenantes présentes ont convergé vers la nécessité d'envisager de nouvelles solutions pour sauver les récifs. La création d’un Conservatoire Mondial des Coraux est l’une d’elles.

Protéger la biodiversité des récifs coralliens

L’ambition est claire : protéger la biodiversité des récifs coralliens. Aujourd’hui, les méthodes classiques ne suffisent plus. La plupart des programmes de conservation et de gestion marine se concentrent sur la préservation de zones "vierges" dans l’espoir que ces zones resteront robustes face aux perturbations et pourront être utilisées pour repeupler des sites dégradés. Mais avec le dérèglement climatique et son impact direct sur les océans, l’utilité de ces zones est remise en question : elles sont protégées des menaces locales mais pas du stress global. Le risque a été illustré en 2016, avec le courant chaud équatorial El Niño, à l’origine d’une hausse des températures qui a conduit au blanchissement d’une partie de la Grande barrière de corail, en Australie. Or un corail blanchi est un corail en sursis.

Avec le Conservatoire Mondial des Coraux, le projet est de s’appuyer sur un réseau d'aquariums publics et privés pour abriter une collection unique au monde de la majorité des espèces et souches de coraux connues à ce jour, sous forme de colonies vivantes. Le Conservatoire est pensé comme un centre de ressources, de recherche, d’études scientifiques et d’aide à la décision.

Des ressources scientifiques et de conservation pour les habitats et les espèces essentiels

Concrètement, le Conservatoire fournira des ressources scientifiques et de conservation pour les habitats et les espèces essentiels. Les chercheurs du monde entier pourront avoir accès à du matériel biologique référencé et tracé, utilisable sur place ou à distance. Les domaines de recherche potentiellement intéressés sont nombreux : génétique, biologie, biochimie, chimie des océans, climatologie, pharmacie, médecine, aquaculture, etc.

Il s’agit également de fédérer les aquariums du monde entier et de créer un réseau de communication scientifique et d’outils d’aide à la décision. Le Conservatoire est conçu comme une plateforme d’échange entre les acteurs impliqués dans la recherche et la conservation des écosystèmes coralliens, et de sensibilisation du plus grand nombre.

Le projet est piloté par deux coordinateurs issus de l’Institut océanographique de Monaco avec le soutien de la Fondation Prince Albert II de Monaco, la Société monégasque des eaux et la fondation Veolia.

Corail : un écosystème utile à l’homme

Un corail, c’est à la fois un animal, un végétal et un minéral. Les animaux qui forment le corail sont semblables à une méduse, avec une grande différence : ils fabriquent des structures calcaires et ont, malgré leur petite, taille, créés de vrais écosystèmes. Les récifs coralliens abritent 25 % de la biodiversité marine ! Ils hébergent de nombreuses espèces qui s’y nourrissent et s’y reproduisent. C’est un milieu très productif. Ils fournissent ainsi une source essentielle de protéines pour l’alimentation locale. Dans les petites îles où les capacités d’élevage terrestre sont très restreintes, les seules protéines animales proviennent de la mer.