De l'eau potable à un prix accessible dans une zone à forte salinité

Comment fournir de l’eau saine à un prix abordable lorsque la ressource disponible nécessite des traitements multiples pour la rendre propre à la consommation ? Plusieurs tentatives ont fait l’objet d’expérimentations à Nguékhokh, au sud de Dakar (Sénégal).

Humanitaire et Développement

  • Lieu :
    Nguékhokh (région de Kaolack, Fatick), Sénégal
  • Parrain :
    Pierre Ascencio
  • Dotation :
    15 000 € au Comité du 01/04/2021

Porteur du projet

GIE Nguécockh

La contamination des eaux par le fluor pose un gros problème de santé publique dans cette région du Sénégal. Plusieurs millions de personnes sont affectées à l’échelle du pays. L’installation pilote de Nguecokh est une première.
Pierre Ascensio
Parrain

Au sud-est de Dakar, la région de Kaolack connaît un problème d’accès à l’eau potable. En raison de la proximité d’un bras de mer, la nappe phréatique présente un taux de salinité beaucoup trop élevé pour la consommation alimentaire. Le taux de fluor est également anormalement haut (3,5 mg/l), au point qu’il est dangereux pour la santé : il cause notamment des cas d’ostéoporose et de paralysies.

De l’eau potable par traitement membranaire à un tarif abordable

En 2011, une ONG a tenté d’apporter une réponse fiable. Avec le soutien de la fondation Veolia, elle a déployé un projet de mini-adduction d’eau adaptée à l’environnement particulier de la région grâce au procédé Waterpower, une innovation de Veolia Water Systems : prétraitement de l’eau grâce à la technologie de l’osmose inverse, traitement de désinfection et ajustement du pH. Des personnels ont été formés et une partie de l’eau produite a été directement consommée par la population de la commune à un prix inférieur à 600 francs CFA le m3. Le surplus de production, vendu par l’Association des usagers du forage (Asufor) aux populations de la région de Kaolack, a permis d'augmenter les recettes provisionnées pour renouveler les installations.

En 2012, le forage de 1985 a été endommagé et l’exploitation des infrastructures a cessé. Après plusieurs tentatives de réparation, les pouvoirs publics se sont finalement engagés, en 2017, dans la réalisation d’un nouveau forage profond, opérationnel début 2018.

Pérennisation et réplication

La deuxième étape du projet, toujours suivi et soutenu par la fondation Veolia, consiste non seulement à pérenniser ce qui a été installé à Nguékhokh mais également à envisager de dupliquer le modèle ailleurs.

La pérennité est un vrai sujet : à Nguékhokh, l’expérience pilote subit les effets de l’arrêt prolongé de l’exploitation de la station. Les deux comités de gestion qui se sont succédé n’ont pas atteint le seuil de rentabilité des ventes d’eau, entraînant l’arrêt de la production d’eau pendant plusieurs jours. Or ne pas exploiter régulièrement l’unité emporte à la fois un risque financier mais également technique (durabilité des membranes qui deviendraient le support de développements bactériologiques et qualité de l’eau distribuée après un long séjour de l’eau osmosée dans la cuve d’eau traitée par forte température).

Un consultant missionné par la Fondation a échangé avec le GIE pour identifier les leviers d’une meilleure commercialisation de l’eau. Il faut sensibiliser les populations et rapprocher l’eau des consommateurs. La fondation Veolia a décidé de soutenir la mise en place de ces mesures en 2021.