Préserver la biodiversité du Parc et partager les connaissances avec la Réserve de Biosphère du Delta du Danube

Haut lieu de la biodiversité méditerranéenne, le Parc naturel régional de Camargue multiplie les initiatives pour concilier agriculture et environnement, protéger la nature et maîtriser la gestion globale de l’eau dans cette zone humide exceptionnelle. Il prolonge son action locale par un partenariat noué avec la Réserve de Biosphère du Delta du Danube (Roumanie).

Lancé en 1970, le Parc naturel régional (PNR) de Camargue est l’un des plus anciens PNR créés en France. Territoire rural, ouvert et habité, à l’équilibre fragile, il recouvre un espace reconnu pour sa qualité exceptionnelle, où conservation de la nature et développement des activités humaines doivent aller de pair. La direction du Parc naturel régional de Camargue (PNRC) tend, au gré de ses activités, à gérer, aménager et protéger ce patrimoine naturel et culturel.

Deux projets, soutenus par la fondation Veolia, ont été mis en œuvre en 2010 pour sauvegarder les populations en danger que constituent les flamants roses et certaines espèces halieutiques.

Observer les flamants roses sans les déranger 9516,raw,photo_organisme.jpg

Favoriser la reproduction des flamants roses et la croissance des espèces halieutiques menacées

Quinze mille couples de flamants roses s’installent chaque année, dès le mois d’avril, sur l’îlot aménagé pour leur reproduction dans l’étang du Fangassier, au Sud de la Camargue. Créé au début des années 1970, cet espace de 4 000 m² offrait, jusqu’en 2011, à l’unique colonie de flamants roses en France un lieu fixe favorable à son développement. L’aménagement des salins de Giraud avait modifié en profondeur le fonctionnement hydrologique de la zone (digues, pompage de l’eau de mer...) avec des effets bénéfiques sur la nidification des oiseaux. De hauts niveaux de salinité favorisaient les fortes densités d’artémies, petits crustacés dont les flamants sont friands et qui intensifient la couleur de leur plumage.

La situation a évolué en 2011 avec l’abandon de l’exploitation d’une partie des salins de Giraud et l’arrêt de l’alimentation en eau de l’étang du Fangassier. Des études sur les conséquences de ce changement ont été menées grâce à l’aide technique et financière de la fondation Veolia, pour décider d’éventuelles nouvelles modalités de gestion de l’eau. Une caméra a été installée à 100 mètres de l’îlot pour observer les flamants roses et améliorer les connaissances scientifiques sur leur reproduction.

Observer les flamants roses sans les déranger 9512,raw,photo_partenaire.jpg

Parallèlement, un projet de réserve marine a été initié dans le golfe de Beauduc. Très engagé dans la protection des littoraux, le PNRC anime plusieurs aires marines protégées (AMP), dont l’AMP Natura 2000 Camargue sur la zone marine des 12 miles. Le cantonnement de pêche et la zone de protection de biotope de Beauduc couvrent près de 900 hectares marins et littoraux dans le golfe de Beauduc.

Cet environnement s’avère naturellement favorable à la croissance de la faune aquatique : des inventaires ont permis de répertorier 140 espèces de poissons et d’invertébrés à plus de six mètres de profondeur. Le golfe de Beauduc a été ainsi clairement identifié comme zone de nurserie pour poissons, cependant menacée par la pêche non sélective et illégale pratiquée par des chalutiers*. L’aide de la fondation Veolia a permis d’installer au fond de l’eau des structures modulaires innovantes où peuvent se concentrer les jeunes poissons. Ces modules amovibles de 5 m3 jouent le rôle de nurseries artificielles qui multiplient les chances de survie des poissons les plus vulnérables.  Le projet de réserve marine, auquel la Fondation a renouvelé son soutien en 2016, comporte également un volet lié à la maîtrise des usages littoraux (circulation sur les plages, présence humaine démultipliée liée au kitesurf et au surfcasting) qui passe par des activités de surveillance et de sensibilisation assurée par le personnel du parc. Le PNRC entend parallèlement optimiser la surveillance du secteur pour limiter les infractions au chalutage dans la bande des 3 miles.

  • Balisage temporaire

    Balisage temporaire

    Mise à l'eau des nurseries artificielles dans le Golfe de Beauduc situé dans le Parc Naturel Régional de Camargue

  • Barge

    Barge

    Mise à l'eau des nurseries artificielles dans le Golfe de Beauduc situé dans le Parc Naturel Régional de Camargue

  • Barge et balise

    Barge et balise

    Mise à l'eau des nurseries artificielles dans le Golfe de Beauduc situé dans le Parc Naturel Régional de Camargue

  • Mise à l'eau des trophiques

    Mise à l'eau des trophiques

    Mise à l'eau des nurseries artificielles dans le Golfe de Beauduc situé dans le Parc Naturel Régional de Camargue

  • Les trophiques

    Les trophiques

    Mise à l'eau des nurseries artificielles dans le Golfe de Beauduc situé dans le Parc Naturel Régional de Camargue

  • Mise à l'eau des trophiques

    Mise à l'eau des trophiques

    Mise à l'eau des nurseries artificielles dans le Golfe de Beauduc situé dans le Parc Naturel Régional de Camargue

Reconduit en 2017, le soutien de la fondation Veolia permet de mettre en place des pêches scientifiques pour évaluer la pertinence des outils mis en œuvre et en particulier l’efficacité des nurseries artificielles. La mission nautique est également renforcée avec une présence en mer liée au suivi de la réserve et des zones marines protégées. Les opérations de sensibilisation franchissent également une nouvelle étape avec l’édition d’une plaquette prévue en 2018.

L’ambition du projet est à la fois environnementale, scientifique et socio-économique : la protection de l’environnement s’inscrit ici pleinement dans l’aide au développement économique local puisque la vente des poissons issus de ces nurseries crée des revenus et des emplois locaux.

Créer un observatoire des flamants roses

Rançon du succès, l’étang du Fangassier est très fréquenté par des visiteurs sensibles à la nature. Leur circulation induit des dégradations du milieu naturel (écrasement de la végétation riveraine des voies par les véhicules stationnés, piétinement des milieux) et le dérangement de la faune sauvage.

Protecting the fauna of the Camargue: promoting the reproduction of flamingos and the growth of endangered species of fish 8699,raw,flamants-G.jpg

En 2012, un programme d’encadrement et d’accueil pédagogique a été élaboré pour informer et guider le public dans le respect des lieux : mise en place d’une signalétique appropriée, réalisation d’un sentier de découverte, balisé, continu et sécurisé, comportant des supports d’information thématique sur la faune sauvage… Grâce à la fondation Veolia, une plate-forme d’observation de la colonie de Flamants roses, baptisé l’« Observatoire des Flamants » a également vu le jour. Le bâtiment, qui servait à l’alimentation électrique des Salins de Giraud jusqu’à son abandon, est devenu un espace sur pilotis alimenté en électricité par panneaux solaires et éoliennes. Il accueille les visiteurs, guidés par des « éco-gardes » présents d’avril à septembre sur le Parc et chargés de sensibiliser le public à l’environnement. 

Partager les connaissances avec la Roumanie

Le succès des différents projets menés par le PNRC avec le soutien de la Fondation a suscité de l’intérêt au-delà des frontières de l’Hexagone. A l’occasion d’un événement organisé par la direction de l’Europe centrale du groupe Veolia, la Réserve de Biosphère du Delta du Danube (DDRB) a manifesté son souhait de rencontrer l’équipe du PNRC. Un partenariat a été conclu entre le PNRC et cet organisme roumain dédié à la protection de l’environnement et de la biodiversité dans le delta du Danube. L’objectif est de promouvoir des expérimentations dans une logique d’innovation.

La fondation Veolia soutient cette démarche de coopération internationale en permettant un jumelage pour partager les connaissances entre les deux organismes. Le partenariat doit permettre d’identifier et d’évaluer conjointement un ou des sujets d’intérêt commun autour de la protection de l’environnement et de la biodiversité, préalable à un projet international sur les deux zones d’intervention.

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Bien qu’ils n’aient pas l’autorisation d’approcher les côtes à moins de 3 milles nautiques (5, 5 kilomètres).