Une démarche pilote d’énergie durable pour Bangangté et Fokoué

Au Cameroun, un réseau de femmes élues localement s’engage dans un projet d’électrification renouvelable. Le bénéfice sera immédiat pour les habitants de Bangangté et Fokoué avant une duplication possible du programme à l’échelle du territoire.

Humanitaire et Développement

Lieu
Bangangté et Fokoué (Cameroun)

Parrain
Thierry Vandevelde

Dotation
150 000 € au Conseil d'administration du 26/01/2016

Porteur du projet

Réseau des femmes élues locales du Cameroun (Refela-CAM)

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Fedacam - Appui aux maires femmes du Cameroun pour une énergie durable (6.02 Mo)
Pays de tous les contrastes, le Cameroun bénéficie d’un potentiel énergétique important mais peu utilisé. Moins d’un pourcent de ses ressources solaires est exploité et le pays ne s’appuie pas davantage sur ses nombreux cours d’eau qui le placent pourtant au deuxième rang des puissances hydroélectriques potentielles d’Afrique. La population en paye le prix directement : à peine 27 % des ménages ont accès à l’énergie électrique.
 
Face à ce constat, le Réseau des femmes élues locales du Cameroun (Refela-CAM) se mobilise pour mettre en œuvre des actions pilotes sur l’énergie durable dans l’Ouest du Cameroun. L’organisation est présidée par Célestine Ketcha Courtès, maire de Bangangté, avec qui la Fondation a déjà conduit, en partenariat avec l’AIMF, un programme de Maitrise d’ouvrage durable de l’eau et de l’assainissement (Modeab)[1].
 
Célestine Ketcha Courtès plaide pour l'énergie renouvelable dans les villes gérées par des femmes maires (mars 2018).
Des actions pilotes
Le projet retenu en 2016 porte sur Bangangté et Fokoué. Respectivement situées dans les départements du N’Dé et de la Menoua, à l’Ouest du Cameroun, ces deux villes hébergeront deux programmes de production locale et d’accès à l’énergie durable élaborés par Refela-CAM. Ces projets doivent permettre la mise en place d’un réseau d’éclairage public à partir de l’énergie solaire dans les deux villes et la création d’une petite centrale hydroélectrique à Bangangté.
 
Dans les deux villes, la gestion des infrastructures fait également partie du programme : la maintenance, l’organisation des services techniques autant que la mutualisation des compétences sont des éléments clé d’une bonne gestion de service public. Le projet inclut un volet dédié à ces aspects de gouvernance.
 
Un partage d’expériences
L’installation de ces infrastructures s’inscrit dans le cadre d’une démarche “réseau”. Les cas pilotes seront partagés avec l’ensemble des communes et des sessions de formation sur le renforcement des services techniques et la maîtrise d’ouvrage communale seront organisées par le Refela-CAM. Des outils méthodologiques et pratiques sont prévus pour alimenter ce partage d’expériences. Les autres villes membres du réseau pourront ainsi échanger sur une démarche “exportable” au niveau de l’ensemble des territoires du pays. L’essaimage de ce projet innovant pourrait, à terme, bénéficier à des milliers de Camerounais.  

Le Refela-CAM, acteur important du développement des communes camerounaises

Structuré juridiquement, apolitique et à but non lucratif, le Refela-CAM s’appuie sur une forte implantation nationale : il compte une trentaine de femmes maires issues des dix régions du Cameroun. Son action dans le domaine de l’énergie est facilitée par un contexte législatif qui a évolué ces dernières années pour permettre aux communes de s’investir dans la production décentralisée d’électricité, notamment à base d’énergies renouvelables.

[1] Qui a permis d’améliorer les conditions d’accès à l’eau et à l’assainissement des populations de Bangangté, soit environ 200 000 personnes.