Bangladesh : l’expertise assainissement de Veolia au service de Médecins Sans Frontières

Face à l'imminence de la mousson au Bangladesh, la gestion des eaux usées dans les camps de Rohingyas est un défi sanitaire absolu.
Hôpital MSF à Bangladesh © Ante Bussmann / MSF

Pour sécuriser les infrastructures de Médecins Sans Frontières (MSF) dans les camps de Cox’s Bazar, Raphaël Laplane, ingénieur chez Veolia | Water Tech, a déployé son expertise en deux temps : une analyse technique stratégique à distance, suivie d'une mission sur le terrain. Explications et témoignage.

« J’avais envie de m’engager, mais je n’étais pas sûr de pouvoir être utile. »

Ingénieur basé à Rennes depuis six ans, Raphaël Laplane connaît la fondation Veolia et son programme de mécénat de compétences mais sans imaginer ce qu’il pourrait y faire. Lorsqu'il suit la formation Veoliaforce en juin 2025, il vient de prendre de nouvelles fonctions commerciales Veolia | Water Tech. S'il pense sa capacité de mobilisation limitée à court terme, la réalité humanitaire le rattrape plus vite que prévu : quatre mois plus tard, la Fondation le sollicite pour répondre à un besoin de son partenaire Médecins Sans Frontières (MSF).

L'expertise à distance : challenger les solutions

A l’autre bout du monde, au Bangladesh où l’ONG opère deux hôpitaux dans des camps de réfugiés Rohingyas, un sujet d’assainissement se pose. Le système de tranchées drainantes pour les eaux usées sature dès l'arrivée de la mousson. Ce trop-plein menace la salubrité de cours d'eau bordant des habitations.

MSF souhaite installer un dispositif pérenne mais a besoin d'un regard expert pour valider les choix technologiques. À distance, Raphaël Laplane se plonge dans le dossier Un mois plus tard, le téléphone sonne à nouveau : « On te propose d'aller sur le terrain pour superviser l'installation et la mise en route. »

« J’ai pris un coup de chaud, explique le volontaire. J’étais à la fois super intéressé et partagé, car cela représentait trois semaines d’absence en pleine période d'appels d'offres. J'en ai parlé à mon chef, Pascal Pluyaud, qui m'a dit : "Vas-y !". Je lui en suis infiniment reconnaissant. »

2026 03 Bangladesh, Raphaël Laplane avec MSF
2026 03 Bangladesh, Raphaël Laplane avec MSF
Hôpital MSF à Bangladesh © Ante Bussmann / MSF

La confrontation au terrain : l'épreuve de la réalité

Raphaël arrive avec l'énergie du volontaire, pensant disposer d'un temps confortable avec les 20 jours prévus. Mais la réalité humanitaire impose son propre rythme. Techniquement d’abord : le dispositif annoncé « plug and play » s’avère plus compliqué que prévu. Culturellement ensuite : la mission se déroule pendant le Ramadan. Raphaël doit composer avec des équipes ralenties, dynamiser le chantier est un défi quotidien et le temps presse.

Malgré ces obstacles, la persévérance paie. La mise en route est achevée la veille de son départ, les équipes de MSF ont été formées à l’exploitation et au dépannage de l’équipement, garantissant son autonomie. Raphaël a même pu optimiser son temps sur place pour mener un diagnostic complet sur le second hôpital opéré par MSF, celui de Goyalmara, afin de dimensionner le futur système de traitement des eaux usées adapté à leurs besoins.

Le retour ? « Trois semaines, c’est long mais c’est passé très vite », constate Raphaël, qui s’est très vite remobilisé sur son quotidien professionnel et familial. « Ma seule conviction, c’est que je repartirai, au Bangladesh ou ailleurs. »

2026 03 Bangladesh, Raphaël Laplane avec MSF
2026 03 Bangladesh, Raphaël Laplane avec MSF