Depuis fin décembre, la rupture d'une ligne à haute tension paralyse la communauté autochtone de Cross Lake, au Canada. Pour sécuriser l'approvisionnement en eau potable, la fondation Veolia a déployé ses unités Aquaforces par -35°C : un défi technique inédit pour sécuriser l'approvisionnement en eau de la communauté dans des conditions extrêmes.
Le 28 décembre 2025, dans la province canadienne du Manitoba, une ligne à haute tension rompt au-dessus du fleuve Nelson, à 130 km du centre urbain le plus proche. Les habitants de Cross Lake sont privés d’électricité pendant plusieurs jours alors que les températures chutent jusqu’à -35°C. Les réseaux domestiques de distribution d’eau gèlent, la station de traitement de l’eau connaît d’importants dégâts.
Sur les plus de 7 000 résidents touchés par la panne, plus de 4 000 sont évacués vers Winnipeg et Thompson. Face à l’urgence, les forces armées canadiennes et la Croix-Rouge canadienne se mobilisent. A Cross Lake, on pompe l’eau du fleuve pour alimenter la station mais sans parvenir à la rendre potable. Les autorités recommandent de faire bouillir l’eau avant toute consommation. A Winnipeg, des équipes Veolia entendent parler de l’événement. Michael Lavich, Controls Manager Traitement des eaux usées de Winnipeg (WSTP), entre en contact avec le Chef de la communauté. Avec son collègue Steve Black, il se rend sur place pour réaliser un audit de la situation avec les autorités locales et les forces armées. La fondation Veolia et ses experts Veoliaforce, rompus aux urgences, sont alors sollicités pour intervenir.
Les experts Veolia Daryn Watson et Caroline Streib, tous deux basés au Canada et formés aux opérations Veoliaforce en octobre, sont rejoints par Romain Verchère, permanent de la Fondation.
Une situation sans précédent : produire de l’eau potable par -35°C
L’enjeu est inédit : il faut acheminer puis déployer les Aquaforces, unités mobiles de traitement de l’eau, alors que l’hiver canadien bat son plein. Il fait -10°C dans le New Jersey où les deux Aquaforces 2000 sont stockées et entre -30 et -35°C à Cross Lake où elles doivent être déployées. « Le défi était à la fois logistique et technique, explique Romain Verchère. Il fallait anticiper chaque point de contact avec l’eau, car le moindre résidu gèle instantanément et peut endommager les équipements. »
A Haworth (New Jersey), des volontaires de l’expertise Water Tech sont en charge du conditionnement : ils drainent minutieusement les membranes avant de les conditionner pour le transport. A Winnipeg, on prévoit le remplacement du charbon actif.
Sur place, les experts Veoliaforce sont accueillis et les équipements réceptionnés par les équipes locales du Cross Lake Band en charge du service de l’eau. L’objectif est de fiabiliser la qualité de l’eau qui sort de leur station. Les trois experts amorcent le déploiement des unités mobiles Aquaforces avec quelques surprises.
Une chaîne d’expertise solide : le réseau Veoliaforce
Les premières tentatives de potabilisation de l’eau semblent achopper. Le chlore ajouté en fin de traitement ne joue pas son rôle de désinfectant, le pH de l’eau s’avérant trop élevé à sa sortie du filtre à charbon actif. « Le froid est venu jouer les trouble-fêtes en ralentissant très fortement les effets chimiques du rinçage sur le filtre à charbon », constate Romain Verchère.
Pour comprendre ce qui entre en jeu, toute une chaîne d’expertises est actionnée. Un message est adressé aux équipes nord-américaines de Veolia, via les Google Spaces que partagent les équipes. Faut-il rincer plus longtemps ? Compenser avec une eau acide ? Les retours sont immédiats, l’efficacité au rendez-vous. En lien avec ces experts basés sur tout le continent, Daryn, Caroline et Romain lèvent les écueils un à un. La production est lancée et les opérateurs de la station locale formés à l’exploitation des Aquaforces.
Début février, la production d’eau potable se poursuit avec une exigence sur la qualité que peu d’équipements mobiles peuvent satisfaire.
Unité mobile de traitement de l'eau, l'Aquaforce 2 000 permet de fournir 20 litres d'eau potable par personne et par jour à une population de 2 000 personnes.
« La communauté de Cross Lake nous a accueillis à bras ouverts et avec beaucoup de chaleur, veillant à ce que nous ne manquions de rien afin que nous puissions nous occuper d'eux. Je ne savais pas vraiment dans quoi je m'embarquais lorsque j'ai été contactée, mais je savais que je devais me porter volontaire. Après avoir terminé ma première mission, je suis éternellement reconnaissant à mon directeur de division d'avoir soutenu mon intérêt pour la fondation Veolia afin de partager mon savoir-faire et d'être utile au-delà de notre BU de Chatham. »