Cultiver l'avenir des enfants sourds-muets


Dans la petite école de sourds-muets d'Éséka, au Cameroun, l'association Agermanament sans frontières apprend aux enfants sourds-muets à cultiver leur potager. Une formation professionnelle pour se construire un avenir...

Social et emploi

Porteur du projet

Agermanament sans frontières

Lieu
Éseka (département de Nyong et Kellé), Cameroun

Parrain
Carlos Gomez-Morodo

Dotation
9 000 € au Comité du 31/01/2007

« La scolarisation de ces enfants sourds-muets au sein d'un institut spécialisé constitue déjà un enjeu majeur à la construction de leur avenir. L'idée de l'association Agermanament SF d'aller plus loin en leur proposant une formation professionnelle est la meilleure garantie pour leur construire un futur loin de la marginalisation sociale où les plonge leur handicap. »
Carlos Gomez-Morodo

Marginalisés par leur communauté, rejetés par leur famille, les enfants qui naissent avec un handicap en Afrique sont souvent voués à l'exclusion. Les jeunes sourds-muets n'échappent pas à cette règle et, au Cameroun, ils sont considérés comme un fardeau supplémentaire pour la famille. Pour ces raisons, des associations leur préparent un avenir : elles savent qu'il est indissociable d'un bon niveau d'éducation et de formation.

Agermanament sans frontières, association catalane et membre consultant au Conseil économique et social des Nations unies, est l'une d'entre elles. Développant depuis les années 1960 de nombreux programmes au Cameroun, elle forme ainsi des populations fragiles et exclues à la gestion de projets économiques pertinents.

Un métier... un avenir

À Éséka (ville située à 120 km de Yaoundé), Agermanament sans frontières soutient depuis six ans les huit bénévoles de l'Institut missionnaire et social des jeunes handicapés (Imsha), qui gèrent une école pour enfants sourds-muets. Les trente et un élèves (garçons et filles), issus de familles rurales pauvres, sont totalement pris en charge et bénéficient, tout au long de leur scolarité, d'une éducation spécifique à leur handicap, dans un foyer accueillant.

Aujourd'hui, l'ONG catalane et l'Imsha souhaitent dispenser aux élèves une formation professionnelle, afin que ces derniers puissent apprendre un métier et trouver, le moment venu, leur place au sein de la communauté. Dans cette région agricole, elles ont retenu l'apprentissage le plus évident : celui de la culture de jardins potagers. Les jeunes sourds de l'Imsha apprendront donc à cultiver tomates, manioc, haricots, poivrons et blé en utilisant le savoir-faire ancestral local. Les récoltes assureront les trente-neuf repas servis quotidiennement aux pensionnaires et à l'encadrement.

Pour que ces enfants se construisent et deviennent des adultes dignes, la fondation Veolia s'associe à ce projet. Son aide se portera sur la fabrication d'un puits, d'un moulin et l'achat d'outils agricoles, d'engrais et d'une pompe à eau.