A la découverte de la biodiversité dans la zone crépusculaire

Au-delà de 80 mètres, la surveillance des eaux côtières s’arrête. Le plongeur Laurent Ballesta et son équipe entendent enrichir la connaissance des grands fonds marins pour caractériser la biodiversité de cette zone crépusculaire et mesurer les effets de la pollution.

"Laurent Ballesta a une connaissance exceptionnelle de la Méditerranée et il a développé un important réseau professionnel (partenariats avec l’Agence de l’Eau RMC et la Fondation Prince Albert Il de Monaco notamment) pour mener à bien ses expéditions." Emmanuel Plessis


Association d’éco-valorisation marine et littorale, l’Œil d’Andromède cherche à sensibiliser le plus grand nombre à la préservation de l’environnement. Son porte-drapeau, Laurent Ballesta, est un plongeur renommé pour ses explorations des grands fonds. Il mène des expéditions, baptisées Gombessa, pour s'aventurer en profondeur dans les environnements maritimes. Objectif : en valoriser le potentiel esthétique, souvent méconnu, et mener des expertises écologiques.
 

La biodiversité à 100 m de profondeur

L’expédition soutenue par la fondation Veolia se déroule pendant trois semaines à l’été 2019, en Méditerranée française, entre Marseille et Monaco. Elle complète la surveillance des eaux côtières qui actuellement s'arrête à - 80 m pour les sites les plus profonds. Laurent Ballesta et son équipe vont en effet plonger à une profondeur d’environ 100 mètres pour évaluer l’état des eaux de cette zone dite « crépusculaire » et de la biodiversité. L’enjeu est également de mettre en œuvre un dispositif de surveillance.
 
Particulièrement difficile d'accès, cette zone crépusculaire est méconnue. Elle pourrait pourtant être essentielle au fonctionnement de la Méditerranée en tant que refuge face aux pressions humaines et au réchauffement, et en tant que frayères (lieux où se reproduisent les poissons et les batraciens). Elle abrite des récifs coralligènes formés par l’accumulation de squelettes d’algues calcaires, soit un écosystème de 1 700 espèces.
 

Des protocoles scientifiques transdisciplinaires

La démarche se veut novatrice en prévoyant des protocoles scientifiques transdisciplinaires et en développant un nouveau moyen de plonger alliant autonomie et mécanisme de saturation.
 
Une première campagne d’acquisition bathymétrique (mesure des profondeurs marines) permettra de localiser précisément les sites d’intérêt. Suivra la campagne de surveillance durant laquelle les protocoles scientifiques seront mis en place dans ces zones profondes méconnues, en partenariat avec des chercheurs référents dans leur domaine d’étude. Les données recueillies établiront un état de référence pour cartographier les écosystèmes, inventorier la biodiversité et caractériser la pollution. Un capital de connaissances précieux pour orienter les meilleures pratiques à l’avenir.