Soudan du Sud : une mobilisation majeure face à la crise humanitaire

6 Aquaforces, 12 volontaires Veoliaforce mobilisés
Deployment of an Aquaforce, South Sudan, Renk

Au Soudan du Sud, la fondation Veolia a déployé des équipements d’accès à l’eau et mobilisé des experts Veoliaforce pour soutenir l’Organisation internationale des migrations (OIM, ONU) face à la crise humanitaire sans précédent que le pays traverse. Une réponse en matériel et en expertise lourde pour auditer, optimiser et pérenniser l’accès à l’eau.

Le Soudan du Sud est en proie, depuis avril 2003, à un conflit armé sur l’ensemble de son territoire. Le conflit entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) a provoqué des mouvements de population inédits. Plus de 12 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer et, mi-2025, on estimait qu’1,2 million de personnes étaient entrées au Soudan du Sud.

Parmi les acteurs présents au Soudan du Sud, l’Organisation internationale des migrations (OIM, ONU) gère l’accès à l’eau de plusieurs camps. L’agence doit faire face à un nombre croissant de déplacés et à une épidémie de choléra qui frappe le pays depuis l’automne 2024.

C’est dans ce contexte que la fondation Veolia, partenaire de l’OIM depuis avril 2024, a été sollicitée pour son expertise dans l’accès à l’eau en contexte humanitaire. La réponse s’est déroulée en deux temps.

Déploiements d’unités de potabilisation de l’eau & audit

Huit experts Veoliaforce ont été mobilisés au printemps 2025 pour à la fois déployer des Aquaforces 5 000, destinées à couvrir les besoins de 5 000 personnes par unité, et auditer des installations de production d’eau.

  • Sur le camp de Bentiu, qui accueille plus de 100 000 réfugiés dans le nord du pays, Diane Vuillaume et Roger Maendel ont passé deux semaines. Ensemble, ils ont déployé une Aquaforce 5 000 de potabilisation de l’eau avant de former des personnels locaux pour assurer la continuité de service après leur départ. La première est chargée d’études et de projets au sein de l’expertise Eau de Veolia dans l’est de la France, le second est issu des équipes dédiées aux technologies de l’eau aux Etats-Unis.
  • A Malakal, Camille Ferré et David Renard ont eux aussi déployé une Aquaforce 5 000. Ingénieure études et projets techniques chez Franciliane, Camille Ferré est volontaire Veoliaforce depuis 2021. David Renard, basé dans le Val de Marne, est chef de projet au sein des équipes Technologies de l’eau de Veolia et volontaire Veoliaforce depuis deux ans. L’installation de l’unité s’est prolongée par des recommandations en vue de la saison des pluies (recours à des sacs de sable, à des toits de protection, mise en place de jar tests, etc.).
  • A Renk, la mise en production d’une Aquaforce 5 000 à la frontière de Joda, au nord-est du pays, permet d’approvisionner en eau des rapatriés en transit. Thomas Schwartz, volontaire Veoliaforce issu de Franciliane, était à la manœuvre.

Ces déploiements d’unités de production d’eau potable – des équipements dont la fondation Veolia a fait don à l’OIM – se sont accompagnés d’un travail minutieux d’audit des installations existantes. Pierre Rousseau a mis son expertise des technologies de l’eau à la disposition de l’agence onusienne pour des revues techniques des infrastructures de production d’eau pendant deux semaines sur le terrain.

Relayé à distance par Astrid Milhes, également issue des technologies de l’eau de Veolia, il a proposé des pistes d’amélioration pour que l’OIM soit en mesure de gagner en efficience dans la production d’eau potable.

Quelques mois plus tard, Pierre Rousseau a lui-même suivi à distance de nouvelles missions d’expertise menées fin 2025.

Solariser & limiter le coûteux sulfate d’alumine

En décembre 2025, cinq nouveaux experts de l’eau Veoliaforce sont partis à Bentiu et Malakal. A Bentiu, Julien de Sousa et Guillaume Verhaeghe, volontaires Veoliaforce respectivement basés en Dordogne et dans les Hauts-de-France, et Adam Testagrossa, issu des équipes nord-américaines de Veolia, ont constitué un trinôme pendant que Muriel Schuller et Thomas Fougnié, experts en technologies de l’eau respectivement basés en France et en Australie, officiaient sur le site de Malakal.

Trois Aquaforces 7500 ont été déployées avec un enjeu prioritaire : remplacer le sulfate d'aluminium, produit chimique coûteux, polluant et difficile à obtenir localement, par de l’ultrafiltration. Ce choix technologique permet de réduire considérablement les coûts de maintenance et la dépendance opérationnelle. Il offre :

  • L’accès à une eau de qualité face au risque de choléra ;
  • Une continuité de service indépendante des chaînes d'approvisionnement ;
  • Une protection de l'environnement aquatique et des sols contre le risque de pollution de l'eau par le sulfate d'aluminium en cas de mauvaise gestion.
« Ces systèmes innovants placent la durabilité au cœur de la réponse humanitaire. En réduisant les besoins en carburant et en produits chimiques, nous réduisons les coûts, protégeons l'environnement et renforçons la capacité locale à gérer les services d'eau de façon autonome. »
Josep De Trincheria
Spécialiste WASH (Eau, Assainissement et Hygiène) à l'OIM

La mission s’est doublée d’un travail sur la solarisation des unités de production d’eau potable.

Avec Pierre Rousseau à distance, ce sont 110 jours de mécénat de compétences qui ont été délivrés en décembre, après 102 en mars-avril. Une mobilisation à la mesure de l’enjeu : permettre à l’OIM de se projeter dans un accès à l’eau durable pour les populations qu’elle protège.

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Read on IOM's website : "Redefining Water Treatment in South Sudan"

Key Figures

6 unités déployées : 3 Aquaforces 5000 + 3 Aquaforces 7500

12 volontaires Veoliaforce mobilisés

212 jours/hommes de mécénat de compétences