Aider des femmes en difficulté via un projet d’écocitoyenneté environnementale

Dédiée à la réinsertion de jeunes filles et femmes en situation de précarité, l'Association burkinabé Curnet mise sur la collecte des déchets chez l’habitant et leur transformation en compost à Ouagadougou pour permettre à ses membres de retrouver le chemin de l’emploi.

Humanitaire et Développement

Lieu
Ouagadougou, Burkina Faso

Parrain
Boris Efremenko

Dotations
15 000 € au Comité du 19/12/2012
15 000 € au Comité du 04/02/2015
20 000 € au Comité du 26/04/2017
3 000 € au Comité du 10/04/2018
15 000 € le 19/06/2019

Porteur du projet

Association Burkinabé de Curage et de Nettoyage (A.B. Curnet)

« Le projet est intéressant de par sa nature car il regroupe l'insertion de personnes en difficulté ainsi que le tri et le recyclage des déchets via un traitement biologique. La motivation du porteur du projet (Sylvain d’Almeida), son sérieux, sa persévérance et sa connaissance du milieu local sont aussi des facteurs qui motivent à soutenir le projet. »

Boris Efremenko

Depuis sa création en 2010, l'Association burkinabé de curage et de nettoyage (A.B. Curnet) œuvre en faveur de jeunes filles et femmes atteintes du sida. Basée dans le secteur 38 du 9ème arrondissement de Ouagadougou, elle s’est fixé pour objectif la réinsertion de cette population en situation précaire.
 
Sylvain d’Almeida, son fondateur, a travaillé pendant de nombreuses années au sein des activités Propreté de Veolia. Grâce à son expérience et à l’aide d’un réseau d'anciens collègues, il a monté un projet de collecte et valorisation agricole des déchets organiques à Ouagadougou. Il a également bénéficié d'une bourse du programme du PS-Eau pour réaliser une étude de faisabilité, avant de mettre en œuvre son projet, soutenu dès les origines par la fondation Veolia.

De la collecte à la valorisation

Le projet mené par A.B. Curnet consiste à faire réaliser la collecte des déchets par les jeunes filles et femmes membres du collectif. L’idée est également de promouvoir l’écocitoyenneté environnementale, à savoir faire prendre conscience à la population que ces services collectifs ont un prix. En effet, la collecte des déchets chez l’habitant de cet arrondissement est payante et suit un tarif préétabli.

 

Les membres de l’association souhaitent également mettre en place un périmètre maraîcher. L'ambition d’A.B. Curnet est en effet de transformer des déjections humaines et animales ainsi que des déchets végétaux en différentes variétés de composts. Ceux-ci sont obtenus en mélangeant le produit des collectes avec des déchets organiques et des boues de vidanges fournis par l'Office burkinabé de l'eau et de l'assainissement. La production des produits finis (inodores), est estimée à 50 tonnes par an. Ils peuvent avoir différents usages, notamment dans les jardins particuliers, les espaces verts et les parcelles agricoles.

Un projet bien avancé

L’association possède trois hectares de terrain à la sortie de Ouagadougou et a construit les infrastructures nécessaires à la réalisation de son projet : bureau, hangar de tri, bassins de compostage, bassins de stockage des eaux usées et aire de stockage des déchets. Une partie des équipements a été achetée en 2012 grâce à l'aide de la fondation Veolia, notamment un camion de collecte. Des femmes ont été identifiées pour effectuer la collecte des déchets d'assainissement à l'aide de charrettes et de brouettes.
 
L’étape suivante consiste à mettre en service le compostage. Grâce à sa bonne implantation locale, A.B. Curnet s'est vu offrir une bonne opportunité de récupérer des eaux usées et des boues pâteuses en sortie des stations de l’Office national de l'eau et de l'assainissement (Onea). Les premières autorisations ont été obtenues fin 2016-début 2017 : l’exploitation d’une plate-forme de compostage à Pabré, commune rurale de Ouagadougou, est désormais possible. Alors que la collecte des déchets fonctionne déjà depuis plusieurs années, le lancement des activités de compostage démarre en 2017. La fondation Veolia accompagne une nouvelle fois l’association pour acheter un camion hydrocureur qui permettra le transport des boues récupérées auprès de l’Onea. Le soutien renouvelé de la Fondation en 2018 permet de changer la cabine de ce camion, par ailleurs fonctionnel.
 
Le projet de bâtir des toilettes et une salle de vestiaire sur le site de la plateforme est également en cours. Il conviendra ensuite de rénover le bassin en béton de stockage d'eaux usées qui s'est un peu fissuré à certains endroits suite à la dernière sécheresse. Un programme au long cours permis par l’implication de l’association et le soutien sans faille de la fondation Veolia.