C’est dans un pays en guerre qu’Angela Currie et Julien de Sousa se sont rendus pour une mission Veoliaforce sur la production d’eau potable. En Ukraine, à Myrhiya, ils ont formé des techniciens de l’eau ukrainiens au déploiement des Aquaforces, les unités mobiles de potabilisation de l’eau de la fondation Veolia.
L’une vient des Etats-Unis, l’autre de France. Ensemble, ils ont passé 12 jours en Ukraine pour une mission destinée à permettre la production d’eau potable dans des environnements contraints. Comment ? Angela Currie et Julien de Sousa sont volontaires Veoliaforce pour la fondation Veolia : avec l’accord de leur hiérarchie, ils mettent leurs compétences et leur énergie à disposition de partenaires humanitaires. Quand ils ont reçu un appel pour une mission en Ukraine, ni l’un ni l’autre n’ont hésité.
Une mission tournée vers les équipements et la formation
Pour faire quoi ? La mission a porté sur les unités mobiles de potabilisation de l’eau de la fondation Veolia, les Aquaforces. Cinq d’entre elles ont été acheminées sur le terrain il y a trois ans et certaines exigeaient de la maintenance (repacking, changement des joints, des pompes doseuses, mise en eau des machines). L’autre volet de la mission portait sur la formation de techniciens de l’eau pour permettre la prise en main et l'exploitation d'une unité Aquaforce 7500 ainsi que d'une Aquaforce RO (Osmose Inverse), un modèle crucial pour répondre aux problématiques locales.
Des apprenants déjà aguerris
La formation s'est déroulée sur cinq jours, auprès d'un groupe de professionnels issus des services publics de l’eau ukrainiens. « Nos interlocuteurs étaient très expérimentés, se souvient Angela Currie. Ils travaillaient dans des services de l’eau, nous avons donc pu passer assez rapidement sur la chimie de l’eau et consacrer notre temps à manipuler les Aquaforces. Et ils ont très vite vu l’intérêt majeur de ces unités mobiles de production d’eau potable. »
Le niveau des ateliers est monté crescendo, alternant chaque jour entre l'Aquaforce 2000, l'imposante Aquaforce 7500 et l'Aquaforce RO. Cet équipement résout un problème direct face aux nappes d'eau saumâtre, notamment près de Mykolaïv.
Le contexte particulier d’un pays en guerre
Rejoindre le site de formation a nécessité le respect d’un protocole de sécurité strict, l’accès par Kiev étant interdit. « Le transport jusqu’au site, c’était assez rocambolesque. J’ai enchaîné avion, métro, bus. Un chauffeur nous a amenés sur l’un des points ouverts de passage de la frontière moldavo-ukrainienne, on a traversé la frontière à pied, un autre chauffeur nous a récupérés ensuite. Presque une scène de film ! », sourit Angela Currie.
Sur place, les deux volontaires vivent au gré des alarmes qui retentissent sur leur téléphone portable via l’application Air Alarm. « La première nuit on dort peu. Au bout de 4 à 5 jours, on s’habitue », constate Julien de Sousa. Pour minimiser les risques, Solidarités International avait sélectionné un site d'accueil éloigné des lignes de front et des infrastructures sensibles (centrales, usines, sites militaires). L'hébergement et le lieu de formation étaient regroupés au même endroit, incluant un abri sécurisé en sous-sol. En permanence, un chauffeur restait mobilisable 24h/24 en cas d'évacuation d'urgence.
« Ce qui frappe, ce ne sont pas tant les destructions matérielles, pas toujours très visibles, mais les monuments aux morts présents dans toutes les villes qu’on a traversées. Ils sont fleuris et les visages des derniers morts aux combats y sont placardés », témoigne Julien.
Pour Angela, c’est le récit des histoires personnelles qui reste en mémoire.
« Le moment le plus émouvant a été d’écouter les Ukrainiens, de percevoir l’impact invisible de la guerre et le stress post-traumatique qui touche les familles », explique Angela.
A l'issue de la mission, les apprenants sont retournés dans leurs services respectifs pour tester et préparer les futurs lieux de déploiement. Quant aux unités Aquaforce révisées, elles devaient repartir directement vers les lignes de front afin de fournir une eau potable vitale aux populations civiles et aux secouristes.