Le volontaire Veoliaforce
est un collaborateur Veolia mis à disposition de la Fondation pour apporter ses compétences à un partenaire.
Découvrez les témoignages de plusieurs d'entre eux :
Angela Currie : « On a traversé la frontière à pied. Presque une scène de film ! »
C’est dans un pays en guerre qu’Angela Currie et Julien de Sousa se sont rendus pour une mission Veoliaforce sur la production d’eau potable. En Ukraine, à Mykolaïv, ils ont formé des techniciens de l’eau ukrainiens au déploiement des Aquaforces, les unités mobiles de potabilisation de l’eau de la fondation Veolia.
Julien de Sousa : « La première nuit, on ne dort pas beaucoup. Et puis on s'habitue. »
C’est dans un pays en guerre qu’Angela Currie et Julien de Sousa se sont rendus pour une mission Veoliaforce sur la production d’eau potable. En Ukraine, à Mykolaïv, ils ont formé des techniciens de l’eau ukrainiens au déploiement des Aquaforces, les unités mobiles de potabilisation de l’eau de la fondation Veolia.
Muriel Schuller : « Un défi humain, physique et psychologique. »
Ingénieure d’étude à Marseille et volontaire Veoliaforce à la fondation Veolia, Muriel Schuller est partie en mission au Soudan du Sud.
Je suis volontaire à la fondation Veolia depuis 2023, à la suite d’une formation sur les Aquaforce, les unités mobiles de potabilisation de la Fondation.
La Fondation intervient dans trois grands domaines : la protection de l’environnement et de la biodiversité, le lien social et l’accompagnement vers l’emploi, ainsi que l’urgence humanitaire et l’aide au développement.
Dans le cadre de ses actions d’urgence humanitaire, la Fondation mobilise des volontaires pour appuyer techniquement les Opérations d’organisations partenaires (ONG). Dans le cas d’appui matériel (stations de traitement d’eau “Aquaforce”), des volontaires sont déployés pour la mise en route et la formation des opérateurs.
C’est dans ce cadre qu’en décembre dernier, la Fondation a fait appel à moi pour partir en mission au Soudan du Sud, avec l’Office International pour les Migrations (OIM), une agence des Nations Unies.
Après trois semaines de préparatifs (formations sûreté/sécurité, vaccins, visa, autorisations…), je retrouve quatre autres collaborateurs de Veolia (venant des Etats-Unis, d’Australie et de France) à l’aéroport de Charles-de-Gaulle pour embarquer vers le Soudan du Sud, via l’Éthiopie.
Le Soudan du Sud est un pays indépendant du Soudan depuis 2011, qui traverse une crise humanitaire majeure depuis plus de dix ans. L’instabilité politique et les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés en sont les principales causes.
L’objectif de la mission est de déployer des Aquaforces sur deux sites et de former les équipes de l’ONG à leur utilisation.
- Trois personnes partent à Bentiu avec une Aquaforce 15 000, capable d’approvisionner 15 000 personnes par jour aux standards humanitaires.
- Nous sommes deux à Malakal avec une Aquaforce 7 500, permettant de fournir de l’eau potable à 7 500 personnes par jour.
Malakal est une grande ville du nord du pays, qui paraît en grande partie abandonnée. Une zone sécurisée et encadrée militairement par les Nations Unies assure l’aide humanitaire à la population locale. Cette zone, d’une superficie de moins d’un km², est appelée POC (Protection of Civilians) et regroupe environ 45 000 personnes et enfants, qui y reçoivent soins, eau potable et alimentation.
L’objectif de l'agence des Nations Unies responsable de cette mission est de désengorger cette POC en déployant des points d’accès à l’eau potable dans d’autres zones de la ville.
Nous disposons donc de deux semaines et demie sur place pour mener à bien la mission. Nous commençons par étudier le site d’installation, situé à côté du Nil, par le défricher et le terrasser. S’ensuivent cinq jours d’installation des équipements et de mise en service.
Une fois l’unité opérationnelle, nous produisons entre 30 et 60 m³ d’eau potable par jour. Cette eau est ensuite relevée par un tracteur-citerne qui alimente l’aéroport ainsi qu’un camp situé à deux kilomètres du site. Enfin, nous formons deux opérateurs locaux dédiés à l’exploitation de l’unité après notre départ.
L’Aquaforce 7 500 se compose d’un système de pompage directement dans le Nil, d’un préfiltre, d’un module d’ultrafiltration, d’un filtre à charbon actif et d’une désinfection finale au chlore. L’eau potable produite est stockée dans deux réservoirs souples : l’un est relevé par le camion-citerne, l’autre alimente des rampes de distribution d’eau.
Notre mission est accomplie, mais sur le terrain, le travail ne s’arrête pas là.
Ce travail s’inscrit dans une démarche de durabilité à long terme. En janvier et février, il est prévu d’installer des panneaux solaires afin de ne plus dépendre du générateur à essence, dont l’approvisionnement est difficile et coûteux. En mars, une conduite enterrée sera mise en place pour alimenter directement le camp et supprimer la dépendance au tracteur-citerne.
D’un point de vue personnel, cette première mission avec la fondation Veolia a été une véritable découverte du monde humanitaire, qui pourrait se résumer en trois défis: un défi humain, un défi physique et un défi psychologique.
Adam Testagrossa : « Avec l’OIM, nous avons renforcé l’accès à l’eau dans un endroit où chaque goutte compte. »
Superviseur des opérations dans le Rhode Island, Adam Testagrossa contribue à sécuriser l’accès à l’eau pour les réfugiés du Soudan du Sud
« Ce déploiement a mis en lumière la valeur du travail d’équipe entre les experts de Veolia et les équipes de l’OIM. »
En avril 2026, Adam Testagrossa, superviseur des opérations chez Veolia basé dans le Rhode Island, s'est rendu au Soudan du Sud depuis la région de la Nouvelle-Angleterre pour participer à l’installation d’un système de filtration dans un village de réfugiés. « Le premier matin au Soudan du Sud ne ressemblait à rien de ce que j’avais connu. Un soleil de plomb tapait sur les rues animées, et je me sentais totalement hors de ma zone de confort », raconte Adam. « En descendant du véhicule, j’ai tout de suite été accueilli par le personnel local ; leurs sourires chaleureux et leurs salutations amicales restent gravés dans ma mémoire. Avant même de toucher au matériel, j’ai compris que cette mission serait tout autant façonnée par les personnes à mes côtés que par la technologie que nous allions installer. »
Après une formation sur le site de Veolia à Haworth, dans le New Jersey, Adam a appris à installer et faire fonctionner une unité d’ultrafiltration Aquaforce 7500, équipée d’un préfiltre, d’une membrane d’ultrafiltration, d’un filtre à charbon actif en grains et d'un système de désinfection à l'hypochlorite de sodium. Une fois sélectionné pour la mission, il s'est envolé pour Paris afin de rejoindre ses collègues français avant de s’envoler ensemble vers le Soudan du Sud. L’équipe s’est ensuite divisée pour couvrir deux sites soutenus par l’Organisation internationale pour les migrations des Nations Unies (OIM – ONU Migration), afin d’améliorer l’accès à l’eau pour les populations déplacées de ces communautés respectives. « L’accès à l’eau au Soudan du Sud est un véritable défi », explique Adam. « Les approvisionnements en produits chimiques pour le traitement traditionnel de l’eau, comme le sulfate d’aluminium, sont limités et coûteux. Les unités d’ultrafiltration filtrent l’eau sans avoir recours à ces produits chimiques onéreux, ce qui nous permet de fournir de l’eau potable de manière fiable. »
Le travail d’Adam dans le village de Bentiu a permis la mise en service d'une unité de filtration produisant environ 53 m³ d’eau par jour (14 000 gallons). L’équipe de la fondation Veolia a formé le personnel local à une gestion plus efficiente de l’eau, notamment grâce à l’intégration d’un système de panneaux solaires optimisé et doté de batteries de stockage. « L’un des moments les plus marquants du voyage a été de travailler aux côtés de l’OIM et des équipes locales. Tout au long de l’installation et de la mise en service, nous avons passé nos journées à résoudre les dysfonctionnements techniques, à ajuster les paramètres d'exploitation et à collaborer étroitement pour garantir une production d’eau fiable », souligne-t-il.
Adam a tiré des enseignements précieux de cette mission avec la fondation Veolia, et est reparti au Soudan du Sud pour une durée de 3 semaines afin d’installer de nouvelles unités Aquaforce 2000 destinées aux populations déplacées.
« Ce déploiement a mis en lumière la valeur du travail d’équipe entre les experts de Veolia et les équipes de l’OIM. Ensemble, nous avons reinforced l’accès à l’eau dans un endroit où chaque goutte compte », conclut-il. « Cette expérience m’a prouvé à quel point la préparation technique, la collaboration et une simple bienveillance humaine peuvent faire une réelle différence pour des communautés confrontées à l’épreuve. »
Raphaël Laplane : « J’avais envie de m’engager, mais je n’étais pas sûr de pouvoir être utile. »
Face à l'imminence de la mousson au Bangladesh, la gestion des eaux usées dans les camps de Rohingyas est un défi sanitaire absolu. Pour sécuriser les infrastructures de Médecins Sans Frontières (MSF) dans les camps de Cox’s Bazar, Raphaël Laplane, ingénieur chez Veolia | Water Tech, a déployé son expertise en deux temps : une analyse technique stratégique à distance, suivie d'une mission sur le terrain. Explications et témoignage.
Christine Delettre : « On n'était pas là pour tout bousculer, mais pour construire. »
Technicienne de laboratoire et essai, Christine Delettre est volontaire Veoliaforce auprès de la fondation Veolia. Retour d'expérience.
L'ENGAGEMENT
Christine, comment avez-vous été intégrée à cette mission à Mayotte ?
Tout commence par un coup de fil de la Fondation. Quand on vous propose une telle mission, c'est un honneur, mais c'est aussi un défi d'organisation : il faut l'aval de la hiérarchie et, surtout, une équipe solide derrière soi. Je leur dois d'ailleurs une fière chandelle : mes collègues se sont réorganisés avec une efficacité incroyable pour que le service continue de tourner sans moi. C'est grâce à leur soutien que j'ai pu partir l'esprit tranquille.
Mon aventure s'est jouée en deux actes.
D’abord en métropole, Engagée auprès de la fondation depuis Juin 2024, j'ai été sollicitée mi-2025 pour une première mission, à la Plateforme logistique de la Fondation, pour tester, vérifier et conditionner le matériel avant son acheminement sur une scène humanitaire.
Mais le vrai tournant a eu lieu un an après l'opération Chido. La Fondation m'a rappelée pour une mission plus humaine cette fois. Sur place, les salariés de la Croix-Rouge qui pilotaient les unités Aquaforce 2000* avaient besoin de plus que de simples machines : ils voulaient un échange, un regard expert. Ils avaient soif de perfectionner leurs pratiques et de valider leurs acquis. C'est pour cette semaine de transmission intensive, au plus près des besoins, que j'ai bouclé ma valise.
SUR LE TERRAIN
Décrivez-nous une journée type à Mayotte. À quoi ressemblait ou en quoi consistait concrètement votre mission ?
La responsable de la Croix-Rouge déterminait les équipes qui allaient être formées par journée, en mélangeant des volontaires et des salariés.
On se retrouvait ensuite sur l'un des sites de la Croix-Rouge, par équipe de 6 ou 7 salariés et bénévoles différents chaque jour. C'est sur ces sites qu'était stockée l'Aquaforce, car elle est dans un camion qui est ensuite déplacé sur des sites de production différents.
Ensuite on partait sur un site de production, que les gens de la Croix-Rouge connaissaient bien, et pour lequel ils avaient les autorisations nécessaires ou demandées. On était ensuite attendu par les populations vivant dans des bidonvilles ou résidants dans des quartiers très précaires qui faisaient la queue et nous attendaient avec leurs bidons.
Vous formiez les équipes de la Croix-Rouge à l'utilisation de l'Aquaforce 2000. Qu'est-ce qui s’est avéré le plus compliqué à transmettre ?
Le défi n'était pas tant technique, car beaucoup de salariés exploitaient déjà l'Aquaforce depuis un an et connaissaient bien la machine. Le vrai enjeu, c'était plutôt d'harmoniser les pratiques de laboratoire et d'instaurer des réflexes de sécurité, comme le port de chaussures de sécurité ou le respect des protocoles d'hygiène durant les pauses.
Concernant la transmission, plutôt que de leur dire quoi faire de manière descendante, nous avons choisi de les laisser pratiquer pour réajuster les gestes ensemble. C'est cette approche, basée sur l'échange plutôt que sur la leçon, qu'ils ont vraiment appréciée. On n'était pas là pour tout bousculer, mais pour construire sur ce qu'ils savaient déjà faire.
Partir plusieurs mois après la catastrophe, c'est différent d'intervenir dans l'urgence immédiate ?
Lors de la première mission, le mot d'ordre était l'urgence absolue : il fallait produire de l'eau, vite ! À notre arrivée, le contexte avait évolué. Le travail d'urgence dans les quartiers les plus exposés avait déjà été amorcé, ce qui nous a permis de basculer sur un temps plus calme, dédié à la formation.
C’est une étape cruciale car, même sur un terrain difficile, nous restons dans un département français. L’ARS garde un œil très vigilant sur la qualité produite. Notre rôle n'était donc plus seulement de faire fonctionner les machines, mais de s'assurer que les équipes locales maîtrisent chaque protocole pour répondre durablement aux exigences sanitaires
Mais durant ma semaine de formation des équipes, notre mission touchait au point le plus critique de cette crise : l'extrême précarité. Là où j'étais, au milieu des habitations précaires, l'urgence prend un autre visage. L'eau que nous produisions avec les unités Aquaforce n'était pas destinée au confort de tous, elle était un lien vital réservé à ceux qui n'ont rien.
C'est là, dans ces zones où la pénurie est la plus sévère, que notre travail prenait tout son sens. On ne produisait pas juste de l'eau ; on apportait une solution de survie pour des familles qui, entre les travaux et le manque de ressources, peuvent passer des jours entiers sans eau.
L'IMPACT
L'Aquaforce 2000 est restée sur place et continue de fonctionner. Pourquoi était-ce si important qu'elle reste ?
Tout simplement parce que les besoins ne s'arrêtent pas à notre départ. L'urgence immédiate est passée, mais l'accès à l'eau reste un combat quotidien pour beaucoup. En laissant l'Aquaforce sur place, on ne laisse pas seulement une machine, on laisse un outil de travail que les équipes maîtrisent désormais.
Aujourd'hui, la Croix-Rouge continue de l'exploiter sur au moins trois sites différents, avec des rotations hebdomadaires. C'est la plus belle preuve de réussite de la mission : voir que l'équipement continue de servir la population locale et que le relais a été passé efficacement.
L'INSPIRATION
Si vous croisiez un collègue demain qui hésite à devenir volontaire Veoliaforce, que lui diriez-vous ?
Je lui dirais que c'est avant tout une rencontre qui vous marque profondément. On se retrouve face à des personnes qui ont une véritable soif d'apprendre, et transmettre son savoir-faire dans ce contexte donne un sens concret à ce que l'on fait. On se sent utile, tout simplement parce qu'une relation de confiance s'installe immédiatement.
De plus, la fondation Veolia offre des conditions idéales pour s'engager : on est très bien entouré, on est en confiance et on sait qu’on apporte des choses.
D'ailleurs, c'est le récit d'une collègue à son retour de mission qui m'a donné le déclic. C'est un engagement personnel très enrichissant, et ce qui est bien, c'est que l'on peut apporter sa pierre à l'édifice peu importe sa spécialité. Ce n'est pas une sollicitation de tous les instants, mais quand on y est, c'est valorisant. De mon côté, la retraite approche à grands pas et je ne pourrai peut-être pas repartir.
Si vous deviez résumer cette mission en une phrase ?
« Une immersion totale sur le terrain qui commence par une découverte technique, du partage et s'achève par un immense enrichissement personnel. »
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*Aquaforce 2000 : Unité mobile de traitement de l'eau, l'Aquaforce 2 000 permet de fournir 20 litres d'eau potable par personne et par jour à une population de 2 000 personnes
**Colilert : Méthode qui permet la détection en 18 heures des coliformes et E.coli dans les échantillons d'eaux
***Enterolert : Test permettant de détecter la présence d’entérocoques dans l'eau.
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